Bonjour à tous,
Ce post vous paraîtra peut-être hors sujet, mais nous tenions à réagir, pas au nom de tel ou tel candidat, mais au nom du respect d’un débat loyal, et respectueux des dires et propositions de chaque candidat. Bon nombre de nouveaux adhérents parisiens ont en effet reçu hier un message, relayé par la Fédération de Paris, appelant à voter pour Ségolène Royal le 16 novembre prochain. Il était formulé dans les termes suivants :
Cher(e)s ami(e)s,
Cher(e)s camarades,
le 16 novembre prochain vous devrez choisir celui ou celle qui représentera le Parti Socialiste l'élection présidentielle de 2007. La gauche, au nom des millions de Françaises et Français qui souffrent de la politique de la droite depuis 2002, ne peut pas se permettre de manquer ce rendez-vous.
La victoire à l'élection présidentielle n'est pas acquise. La droite, malgré ses échecs et ses divisions, reste puissante et l'extrême droite influente, en particulier auprès de ceux qui souffrent le plus, auxquels nous devons en premier lieu nous adresser.
C'est là d'abord que se gagnera l'élection présidentielle ! Nous devons regagner la confiance des couches les plus populaires, qui nous a fait défaut en 2002 et pour cela prendre en compte leurs préoccupations. C'est ce diagnostic que Ségolène Royal pose sur la société française et c'est pourquoi son discours, qui a dérangé bien des conformismes, suscite l'espoir et trouve un tel écho.
La deuxième clé de cette élection est la réponse que nous donnerons à l'immense besoin de renouvellement qui monte du peuple français. Renouvellement du personnel politique, bien sûr, mais aussi et surtout du cadre démocratique et des méthodes. Ségolène Royal incarne ce renouvellement.
Le 16 novembre nous devons faire en sorte de ne pas décevoir toutes celles et ceux, qu'ils soient ou non adhérents du Parti socialiste, croient de nouveau en la politique et en leur avenir grâce à elle, et qu'avec elle la victoire est possible.
Le 16 novembre, votons Ségolène Royal. Voilà 10 bonnes raisons de le faire.
Pourquoi soutenir Ségolène ROYAL ? 10 raisons de voter pour Ségolène Royal.
Suivaient dix arguments que nous copions ci-dessous.
Il nous semble que l'envoi d'un tel message par la Fédération, en l'absence à ce jour d'argumentaires équivalents en faveur des autres candidats, est pour le moins maladroit et contrevient à la notion de libre choix des militants. Pour rééquilibrer les choses, nous aimerions proposer quelques contre-arguments permettant aux militants de se prononcer en faveur de l'un ou l'autre des candidats en connaissance de cause. Nous laissons de côté certaines affirmations qui nous paraissent trop générales pour appeler des réponses.
1- Tout simplement parce que c'est elle qui peut faire gagner la gauche en 2007.
1) C'est un peu péremptoire. Le ou la candidat(e) désigné(e) par le PS pourra nous faire gagner en 2007 si au cours de la campagne il parvient à rassembler la gauche. Il faut réfléchir à la stratégie choisie par Ségolène Royal de lutter d'emblée contre le candidat de la droite en allant sur son terrain. Laurent Fabius a le mérite d'en souligner le danger. Dans le passé, il nous semble que les élections se sont gagnées à gauche, à commencer par celle de Mitterrand en 1981.
2- Elle a su rassembler les générations, les catégories sociales et les sensibilités. Elle suscite un grand mouvement d'espoir dans le pays, bien au-delà de notre parti.
2) C'est d'abord la gauche qui suscite un élan d'espoir dans le pays après cinq ans d'un gouvernement calamiteux au bilan désastreux. Selon les sondages, à la fiabilité desquels il faut réfléchir, Ségolène Royal a aujourd'hui une cote de popularité élevée, à plus de 60%. Mais c'est aussi le cas de DSK (dernier sondage IFOP-Paris Match).
3- Elle se situe au cœur du PS, en position centrale, à la synthèse du « oui » et du « non », tout en apportant des solutions nouvelles. Ségolène est fidèle aux valeurs socialistes, tout en les confrontant aux problèmes de notre temps, sans la crainte d'affronter la réalité telle qu'elle est. Elle saura nous faire franchir une nouvelle étape de réformes pour faire avancer la France.
3) Ségolène Royal en position centrale : sur la carte scolaire ? sur le traitement de la délinquance ? sur l'Iran ? Sur certains points, Ségolène Royal adopte des positions que l'on pourrait qualifier de centre-droit. Laurent Fabius se situant clairement à la gauche du parti, à bien des égards le candidat qui occupe la position centrale est DSK. Pour ce qui est de la synthèse du oui et du non, elle a été opérée dans le projet du PS et acceptée par les trois candidats.
4- Elle porte des projets mobilisateurs autour de la priorité accordée à la jeunesse, de la nécessaire valorisation du travail et de l'indispensable révolution démocratique. Elle est la seule à être ferme sur les sujets essentiels que sont l'éducation, la famille et le développement durable.
4) Ségolène Royal n'est pas la seule à parler de la jeunesse : un exemple parmi d'autres, DSK a proposé un « patrimoine public » pour les jeunes qui n'ont pas de patrimoine privé ; elle n'est pas la seule à parler du travail : Laurent Fabius s'est fait le défenseur des bas salaires, et DSK propose une revalorisation des carrières ; elle n'est pas la seule à vouloir améliorer le fonctionnement démocratique de notre pays, puisque c'est un objectif du projet du PS. Et elle n'est pas la seule à être ferme sur l'éducation, priorité de nos trois candidats, ni sur l'environnement, Laurent Fabius ayant par exemple proposé de faire du ministre de l'environnement le numéro 2 du gouvernement. Enfin, sur la famille, ce sujet ne nous semble pas nécessiter seulement de la fermeté, mais aussi une écoute de l'évolution de la société : seul DSK a pris une position claire et ferme (c'est-à-dire antérieure à la campagne) sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité.
5- Ségolène a su toucher les Français qui ne s'intéressaient plus à la politique. Elle a rencontré l'écoute des catégories populaires qui nous avaient délaissés. Elle tire sa crédibilité de l'affirmation d'un progrès durable autour d'un ordre juste. Elle est perçue comme la garante de l'exercice de libertés nouvelles.
5) Il s'agit là d'un argument décisif et sans doute le plus important en faveur de Ségolène Royal. Nous souhaitons que ladite adhésion des classes populaires à sa personne soit réelle, profonde et surtout durable. Il nous paraît cependant dangereux de la tenir pour acquise. Nous pensons de plus que le candidat que nous désignerons, s'il défend avec sincérité et conviction notre projet, saura trouver l'oreille de nos concitoyens. Nous refusons catégoriquement de taxer Ségolène Royal de populiste comme on a pu l'entendre ici ou là. Cependant, nous voudrions attirer l'attention sur l'ambiguïté voulue de ce concept d'« ordre juste » qu'elle et M. Sarkozy se disputent : l'accent y est mis sur l'ordre, avant la justice. L'inverse nous semblerait mieux correspondre aux valeurs qui sont les nôtres. On ne voit pas en outre qui pourrait souhaiter le désordre.
6- Ségolène s'appuie sur une méthode : la démocratie participative adossée à une démocratie représentative renforcée. Elle tient le dialogue social pour essentiel dans une démarche politique qui tient compte des réussites et des échecs de la gauche, sans reproduire ni s'enfermer dans les réponses du passé.
6- Le renforcement du parlement est dans le projet, et c'est Laurent Fabius qui va le plus loin sur ce point en proposant une République parlementaire. Quant à la « démocratie participative », la question est de savoir ce que l'on met derrière ce terme généreux. Sans vouloir polémiquer, nous avons un doute à exprimer quand à ce qu'entend l'équipe de Ségolène Royal sous le terme de « démocratie participative » quand on sait à quel point le site Désir d'avenir est censuré.
7- Elle porte une ambition collective. Elle incarne le changement.
7) Nous sommes étonnés de voir le « changement » ou la « nouveauté » posés comme des valeurs en soi. Aujourd'hui, nouveau veut dire bon, et cela peut-être dangereux : les valeurs et les projets construits par les militants socialistes depuis des années ne doivent pas être balayés, de même qu'il y a beaucoup à retenir du gouvernement de Lionel Jospin. Nous sommes aussi étonnés qu'on puisse voir en Ségolène Royal une incarnation de la nouveauté, elle qui était déjà conseillère de Mitterrand, qui a été ministre sous sa présidence et fait partie comme DSK et Laurent Fabius des cadres du PS sous Jospin.
8- Elle porte un socialisme de la volonté dans l'action et un socialisme de la réussite dans la durée, qui associera élus et citoyens.
8) Cet argumentaire nous semble assez creux. On peut tout à fait penser que celui des candidats qui se donne les moyens de la durée et de l'impératif d'une gauche qui gagne plusieurs élections législatives d'affilée est DSK, dans le sens où il ne fait que des promesses réalisables qu'il est sûr de pouvoir tenir.
9- Aujourd'hui, elle œuvre pour le rassemblement de tous les socialistes, sans jamais mettre en cause les personnes ou dénigrer les idées. Elle réunira, demain, toutes les forces de la gauche pour vaincre la droite.
9) Nous sommes dans une phase de désignation, il s'agit de départager trois candidats. Le temps du rassemblement ne saurait empiéter sur celui du nécessaire débat démocratique. Rappelons que deux tours sont prévus, puis qu'une ratification du nom du vainqueur par l'ensemble du parti est envisageable. De plus, notre expérience de militants ne nous amène pas à souscrire au jugement selon lequel Ségolène Royal serait forcément la mieux à même de rassembler le PS une fois désignée. Sa personnalité attise les passions. Ses supporters ne sont pas moins partisans et exclusifs que ceux des deux autres postulants. Quoi qu'il en soit, le ou la candidat(e) qui sera désigné(e) par le PS acquerra une stature nouvelle.
10- Le sens du devoir de victoire qu'elle impose et auquel elle convie l'ensemble des militants du Parti socialiste.
10) Le sens du devoir de victoire ne vient pas de Ségolène Royal mais du 21 avril 2002. Tous les sympathisants du PS ont la ferme volonté de ne pas voir se reproduire ce drame. Quel que soit notre candidat, nous pouvons raisonnablement espérer que la mobilisation sera forte en sa faveur.
Ces quelques éléments de réflexion ne sont certainement pas exhaustifs, et ne préjugent en rien des qualités personnelles et politiques de Ségolène Royal, mais ils sont le reflet d’une réaction partagée à la lecture de ce document. Qu’en pensez-vous ?