Formation
Après avoir séjourné durant son enfance au Maroc qu'il doit quitter suite au tremblement de terre d'Agadir, puis à Monaco, il étudie à HEC et à l'Institut d'études politiques de Paris. Il est licencié en droit public, docteur en sciences économiques et professeur agrégé de sciences économiques. Il devient professeur d'économie à l'Université de Nancy 2 (1977-1980) puis à l'université de Nanterre (à partir de 1981) et à l'École nationale d'administration. Après un passage comme professeur à HEC, il enseigne aujourd'hui la microéconomie et la macroéconomie à l'IEP de Paris.
En 1971, il travaille au Centre de recherche sur l’épargne, où il se lie d’amitié avec Denis Kessler (futur vice-président du MEDEF et à l'époque membre de l'extrême gauche). Ce dernier devient son assistant à Nanterre et ils écrivent ensemble, en 1982, L’épargne et la retraite.
Débuts politiques
Après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement au milieu des années 70, il lie son destin à celui de Lionel Jospin. Ministrable en 1981, il choisit de servir le nouveau premier secrétaire du PS.
En 1982, il entre au Commissariat au plan, dont il devient commissaire-adjoint.
En 1986, il est élu pour la première fois député de Haute-Savoie, et réélu en 1988, mais dans le Val-d'Oise cette fois-ci. Il devient alors président de la Commission des finances. C'est à cette époque qu'il rencontre Paul Hermelin (futur directeur de cabinet à l’Industrie en 1991).
En 1991, François Mitterrand le nomme ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement d'Édith Cresson. Il conserve ce poste dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, jusqu'aux élections législatives de 1993, puis devient avocat à la Cour.
En 1993, Michel Rocard décide de relancer le « groupe des experts du PS », créé par Claude Allègre, et lui en confie la présidence. Cette même année, il crée le cabinet DSK Consultants pour exercer le métier d'avocat d'affaires.
En 1994, Raymond Lévy, alors PDG de Renault, crée le « Cercle de l’Industrie », un cercle spécialisé dans la défense de l'industrie française à Bruxelles, où il côtoie notamment Vincent Bolloré et Louis Schweitzer, et dont il devient le vice-président. Cette activité de lobbyiste lui attire les critiques de la gauche anti-libérale.
Élu maire de Sarcelles en juin 1995, il épouse Anne Sinclair, alors journaliste à TF1 et présentant l'émission politique dominicale Sept sur Sept. Elle renonce à son magazine hebdomadaire lorsque Dominique Strauss-Kahn est nommé ministre, suite à la victoire de la gauche aux élections législatives de 1997. Il cède son mandat de maire à François Pupponi.
1997-1999 : ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie
En 1997, Lionel Jospin, nouveau Premier ministre, le nomme ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie et Dominique Strauss-Kahn devient une pièce maîtresse du gouvernement. Les bons résultats de l'économie française, le retour de la croissance (forte en France à la fin du XXe siècle) et la baisse du chômage (avec environ 300 000 créations d’emplois dans le secteur marchand, l'année 1998 a été la meilleure pour l’emploi depuis 1969), font que Dominique Strauss-Kahn devient un poids lourd du gouvernement et du parti socialiste.
Cette position centrale au sein du gouvernement lui vaut d'être le chef de file des socialistes aux élections régionales de 1998 en Île-de-France, que la gauche remporte. Cependant, au cours de la campagne, affirmant ne pas vouloir troquer son mandat ministériel contre l'exécutif régional, c'est Jean-Paul Huchon qui est mis en avant et qui devient président du conseil régional. Il ne conserve son mandat que le temps de retrouver son siège de député après sa démission du gouvernement le 2 novembre 1999 suite à une controverse sur des possibles rémunérations de complaisance par la MNEF de 1994 à 1996.
Dominique Strauss-Kahn réussit à imposer la TVA à 5,5% sur les travaux du bâtiment, afin de relancer l'activité du secteur et redresse les comptes budgétaires (déficit au-delà de 3% sous le gouvernement Alain Juppé) et permet à la France de rejoindre la zone euro. Il montre néanmoins peu d'enthousiasme pour les 35 heures mis en place par sa collègue ministre Martine Aubry et on lui reproche surtout des privatisations massives, notamment celle de France Telecom, alors que le programme de Lionel Jospin excluait expressément cette dernière. Dans son livre La Flamme et la cendre, il défendra celle de Gaz de France, avant d'effectuer une volte-face quand la droite veut mettre en œuvre ce projet.
Il abroge la loi Thomas sur les fonds de pension et met en place le Conseil d'orientation sur les retraites, mais ne lance pas de véritable projet de réforme pendant la période de forte croissance de 1998 à 2000.
Dominique Strauss-Kahn tente d'organiser son influence au sein de son parti, mais s'il réussit à fédérer jospiniens et rocardiens au sein d'un courant politique dénommé Socialisme et démocratie, il peine, dans un premier temps, à transformer l'attraction qu'il exerce en réseau militant efficace et structuré, lui préférant les réseaux informels.
1999 : démission du gouvernement Jospin
Mis en cause dans les médias pour des affaires judiciaires liées à l'exercice de sa profession d'avocat (MNEF et affaire Elf), il choisit de démissionner de son poste ministériel en novembre 1999 pour pouvoir se défendre et ne pas porter atteinte au gouvernement Jospin. Christian Sautter le remplace dans ses fonctions.
L'ensemble des affaires dans lesquelles Dominique Strauss-Kahn a été mis en cause se sont conclues à son égard par des non-lieux en novembre 2001. Il se représente quelques mois plus tard et est largement réélu dans sa circonscription du Val-d'Oise lors d'une élection législative partielle.
Depuis 2002 : dans l'opposition
Alors que Jacques Chirac remporte l'élection présidentielle et que l'UMP dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale, Dominique Strauss-Kahn est réélu député le 16 juin 2002, pour la législature (2002-2007), dans la 8e circonscription du Val-d'Oise. Mais il choisit de ne pas prendre part à la nouvelle direction du PS au Congrès de 2003.
À la fin de l'année 2004, il réintègre la direction du Parti socialiste en étant chargé, avec Martine Aubry et Jack Lang, du projet socialiste pour 2007.
En parallèle, il co-fonde le club de réflexion "À gauche en Europe" avec Michel Rocard et dont Marisol Touraine est aujourd'hui la présidente.
Il préside également, avec Jean-Christophe Cambadélis, le courant "Socialisme et démocratie" dans le Parti socialiste.
Dominique Strauss-Kahn anime un des premiers blogs d'homme politique national (et l'un des plus visités) ; son blog fait figure de référence en la matière dans le monde politique, avec celui d’Alain Juppé.
En mai 2005, il sort un DVD en faveur du « oui » au projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe. Dominique Strauss-Kahn s'investit de manière soutenue pour imposer le « oui de gauche ». A l'issue d'une campagne particulièrement animée, le « non » l'emporte en France à plus de 54%.
Candidat à la candidature
Il confirme pour la première fois à l'université d'été 2005 du PS à La Rochelle vouloir être « candidat à la candidature » pour l'élection présidentielle de 2007. Il souhaite pouvoir incarner la « rénovation » au sein du Parti socialiste.
Dominique Strauss-Kahn a soutenu la motion 1 – dont le premier signataire est François Hollande –, qui a été soumise au vote des militants au congrès du Mans en novembre 2005. Avec près de 54% des voix des militants, cette motion sort majoritaire, les autres motions font une synthèse autour de François Hollande.
Dominique Strauss-Kahn est, depuis novembre 2005, secrétaire national du Parti socialiste en charge des élus. Il s'occupait auparavant du volet économique du futur projet socialiste pour 2007. Il reste cependant membre de la commission du projet présidé par François Hollande.
Il compte, parmi ses proches en politique, sur le soutien d'une équipe regroupant Jean-Christophe Cambadélis, Pierre Moscovici, Michel Destot, Catherine Trautmann, Alain Richard, Claude Evin, Jean-Paul Huchon, etc. Il bénéficie également du soutien de Michel Rocard. Il est également soutenu par Socialisme et démocratie jeunes, la branche « jeunesse » de son courant également présente mais très minoritaire au sein du Mouvement des jeunes socialistes.
Le 17 janvier 2006, il énumère 15 propositions, sur des sujets variés (sécurité sociale professionnelle, ZEP, service public de l'environnement, nouvel urbanisme, choix énergétiques, etc). Sur la question du vote des immigrés, il souhaite « renverser la table » : plus que d'accorder le droit de vote aux étrangers, accorder la nationalité aux étrangers qui font acte de citoyenneté en allant voter.
Depuis mai 2006, Dominique Strauss-Kahn a lancé officiellement ses comités de soutiens départementaux et locaux (plus de 88 au début) et son site de campagne à l'investiture www.dsk2007.net.
Il prononce le 25 août 2006 un discours de candidature à l'investiture à l'élection présidentielle en marge des universités d'été du Parti Socialiste à La Rochelle auquel près de 1000 militants ont assisté (sur les 3000 présents à La Rochelle).
Depuis le 2 octobre 2006, Dominique Strauss-Kahn est officiellement candidat à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007, face à Laurent Fabius et Ségolène Royal
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